J’ai commencé la vie active avec zéro confiance en moi, toujours très anxieuse et avec pour quête principale d’être parfaite et que tout le monde m’aime. J’ai dû subir ses appels téléphoniques pendant des années alors qu’elle sait que je déteste ça, ça durait 1h30 et je devais faire sa psy car elle ne faisait que se plaindre.“ De nombreuses témoins ont choisi de couper les ponts tellement elles étouffaient dans leur relation mère-fille. C’est le cas de Clothilde, 46 ans : “Je ne parle plus à ma mère car c’était impossible pour moi de me sentir mal à chaque échange. Ma mère s’est toujours positionnée comme une rivale envers moi. Quand j’étais enfant, j’étais excellente à l’école mais elle me disait juste ‘c’est normal’ d’un ton sec, à l’adolescence elle me répétait que je n’étais ‘pas féminine’ et qu’elle, à mon âge, avait des tas de soupirants. En même temps, dès que j’essayais un style plus féminin, elle me l’interdisait en disant que c’était vulgaire et que j’avais ‘l’air d’une pute’. Elle m’a également beaucoup négligée, j’ai passé mon enfance à l’attendre parfois deux ou trois heures à la sortie de mes activités. Son autorité était erratique : elle m’interdisait tout puis me laissait tout faire.“ Malgré les souffrances, plusieurs décennies sont parfois nécessaires afin de se rendre compte que ce traitement, cette emprise, ne sont pas normaux. “J’ai passé des années à trouver son comportement normal, puis à l’excuser, puis à me dire que c’était ma faute si elle était comme ça, confie Jeanne, 28 ans. Je réalise qu’elle a vraiment le comportement d’un harceleur. Je fais le deuil de la mère que je pensais qu’elle était – elle m’a vendu son mythe, fille stylée, maman cool et brillante – et je fais le deuil de celle que j’aurais dû avoir.
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