Donc ne pas reconnaître cette ‘dette éternelle’, dire qu’on refuse de se sentir redevable, qu’on se choisit, qu’on privilégie son existence à soi, c’est extrêmement mal vu.“ Parce qu’elle a fait le choix de privilégier sa propre famille, Sophie Adriansen a subi le jugement de son entourage. “Quand on n’a pas ce type de mère, on ne croit pas que ça existe et on pense que c’est de l’exagération.“ Alors, comment savoir si votre mère est réellement toxique ou normalement relou ? Page 182 de la BD, l’autrice partage un test “Avez-vous un parent toxique ?“ avec quinze questions telles que “Votre parent se moque-t-il parfois de vous ? / vous critique-t-il parfois ? / vous félicite-t-il parfois ? / vous fait-il parfois culpabiliser ? / Avez-vous l’impression que rien de ce que vous faites n’est assez bien pour votre parent ?“. Bien sûr, il se peut que vous répondiez “oui“ à certaines choses mais que votre mère ne mette pas pour autant votre santé mentale en péril. “En tant que parent, on peut tous être toxiques par moment, commente Sophie Adriansen. La différence avec des conflits classiques, c’est la permanence, la récurrence, la densité des remarques, le fait qu’il n’y ait pas de répit ou alors que ce répit soit une alternance de chaud et froid, qui a pour conséquence qu’on ne sait jamais comment se situer.“ J’ai partagé ce questionnaire en story sur mon compte Instagram et j’ai reçu plus d’une cinquantaine de témoignages de femmes (et trois hommes) dont la mère coche la plupart des cases.
SimoneMarie, 50 ans, aînée de quatre enfants, me raconte : “Nous avons eu une enfance heureuse parce que nous n’avons ‘manqué de rien’. Sauf de l’amour de notre mère. Je n’ai pas de photos de moi bébé dans ses bras, pas de souvenirs d’elle qui m’accompagnait au sport… et surtout jamais aucun encouragements, jamais de félicitations. Toujours des reproches. Même quand je lui faisais un cadeau. Toute ma vie à été consacrée à lui plaire, en vain.“ Même chose pour Fanny, 34 ans : “Zéro encouragements, que des critiques depuis l’enfance. Jamais assez bien même quand j’avais des bonnes notes, toujours à dénigrer mon entourage pour m’en éloigner.
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